« Aux côtés de 2GAP International , nous démultiplions notre influence et notre force de frappe », Aurore Mayer
En quoi est-ce intéressant de participer à un réseau de réseaux, et particulièrement pour le réseau parité du groupe La Poste ?
Aurore Mayer : Le groupe La Poste est présent sur une multitude de métiers, ce qui nous amène naturellement à interagir avec divers secteurs d’influence. Et l’atout majeur de 2GAP, c’est sa structure. À savoir un écosystème de 90 réseaux, mêlant entreprises et ministères, public et privé où de nombreuses têtes de réseaux se retrouvent.
Pour notre Réseau Parité, y siéger est essentiel car nous portons une identité unique. Celle d’une population mixte, composée de fonctionnaires et de salariés. Cette double culture, à la croisée du service public et du secteur privé, nous donne une vision globale très précieuse pour nos partenaires.
En rejoignant d’autres collectifs comme l’Alliance pour la mixité en entreprise ou des réseaux financiers, tel que Financ’ielles, nous démultiplions notre influence et notre force de frappe. Et nous partageons ensemble nos bonnes pratiques pour faire bouger les lignes plus vite et plus fort.
Comment cette influence se traduit-elle concrètement ?
Aurore Mayer : Elle nous permet de passer de la discussion à l’action législative. À travers 2GAP, nous contribuons à des Livres Blancs qui inspirent directement des projets de loi. Actuellement, nous travaillons sur le phénomène de « backlash » pour définir des leviers d’action concrets, par exemple.
Sur le volet international, nous menons aussi notre action avec les autres postes européennes. C’est l’intérêt d’un grand groupe de 230 000 personnes présent partout dans le monde, avec 45 % de notre chiffre d’affaires à l’international. Nous représentons tous les métiers, de l’assurance à la distribution de colis, en passant par la finance. Alors si nous arrivons à faire bouger les lignes sur le numérique ou l’IA, nous prouvons que c’est possible partout. Nous avons une responsabilité de représentation : nous devons montrer l’exemple pour impulser un changement de société global.
Percevez-vous déjà des signaux concrets ?
Aurore Mayer : Absolument. Récemment, nous étions à l’Assemblée nationale à l’invitation de sa Présidente pour un événement sur la parole des femmes en politique. C’est parce nous avons une force de frappe importante que nous étions invitées à ce moment solennelle, que l’on a pu discuter ensemble. Nous sommes écoutées et reçues au plus haut niveau parce que nous reflétons la réalité via des études concrètes sur ce qui se passe dans nos entreprises. Les mouvements, les reculs éventuels, les craintes, ou la manière dont on réaffirme nos politiques… Cela permet d’avoir une exhaustivité et de détecter des « signaux faibles », de vérifier l’application réelle des lois et de parler vrai.
Il y a un véritable pouvoir d’amplification et d’influence, c’est très tangible. Le groupe La Poste représente beaucoup de monde, mais les autres aussi. C’est un sujet qui nous embarque toutes et tous, au-delà des secteurs.
Qu’attendez-vous spécifiquement du rendez-vous du 21 mai ?
Aurore Mayer : Ce sera une réunion stratégique en comité restreint avec des têtes de réseau et des chercheuses du CNRS. Nous travaillons notamment sur la manière de permettre à nos réseaux de créer des relais dans d’autres capitales européennes (Lisbonne, Madrid, Berlin, Londres). L’idée étant d’organiser des liens avec les ambassades pour porter une politique européenne sur l’égalité professionnelle.
C’est essentiel car la force des réseaux, c’est de mettre les gens en lien pour recréer d’autres réseaux. Et nous voulons porter une politique européenne de l’égalité professionnelle unifiée. Le fait d’être solidaires est important. C’est même un message d’espoir à mon sens : loin de s’essouffler, l’engagement pour la parité s’organise et se structure à une échelle supérieure. Les gens s’organisent pour aller encore plus loin. C’est très positif et enthousiasmant !