Les 5 figures européennes qui font avancer la parité
Depuis la signature du Traité de Rome en 1957, l’égalité femmes-hommes est l’une des valeurs fondamentales de l’Union Européenne (UE). Or, comment cela se traduit-il en acte et surtout, quelles sont les figures qui incarnent l’actualisation de ce principe cher à la communauté européenne ? En voici une liste non-exhaustive.
1. Ursula von der Leyen – la femme la plus puissante d’Europe :
En juillet 2019, Ursula Von Der Leyen, femme politique allemande, devient la première femme présidente de la Commission Européenne. Outre le symbole fort d’avoir une femme a la tête du corps exécutif de l’UE, elle mène de nombreux combats en faveur de la parité au sein de la Commission imposant notamment aux Etats qui ne reconduiraient pas leur commissaire sortant de présenter un candidat de chaque sexe. Si la parité n’est pas encore tout à fait atteinte, le nombre de femmes commissaires a considérablement augmenté grâce à ses efforts : On passe de 11% de femmes en 89 à 40% aujourd’hui. Sous sa présidence, ont également été adoptées des directives majeures en faveur de l’égalité femmes-hommes : la directive « Women on Boards » (2022), qui impose aux grandes entreprises cotées en bourse d’atteindre 40 % de femmes dans leurs conseils d’administration d’ici 2026 ou encore la toute première directive européenne de lutte contre les violences faites aux femmes (mai 2024), qui criminalise certaines formes de violence et harmonise les sanctions entre États membres.
2. Kaja Kallas – la Nouvelle « Dame de fer de l’Europe » :
Kaja Kallas est une femme politique estonienne qui assure depuis 2024, les fonctions de vice-présidente de la Commission Européenne ainsi que de haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. En clair, cela signifie qu’elle est l’actrice de premier plan en termes de diplomatie européenne. Depuis 2022 – invasion de l’Ukraine par la Russie – Kaja Kallas, alors première ministre de son pays, défend une position ferme et un soutien indéfectible à l’Ukraine qu’elle maintient jusque dans ses fonctions européennes. Sa détraction sans relâche du Kremlin lui aura valu le surnom de nouvelle « Dame de fer de l’Europe ».
3. Christine Lagarde – Briser le plafond de verre :
Présidente de la Banque Centrale Européenne depuis 2019, Christine Lagarde semble s’envoler vers les sommets partout où elle va, dans le retentissement sonore d’éclats de verre. En effet, cette avocate et femme politique française est une pionnière récidiviste : première femme présidente du Comité Exécutif de Baker McKenzie, à l’époque l’un des plus grands cabinets d’avocats au monde, première femme ministre de l’Économie en France mais aussi parmi tous les pays du G8, première directrice générale du Fond Monétaire International (FMI) et enfin première présidente de la BCE. Ce qui est intéressant dans le parcours de Christine Lagarde, c’est qu’elle s’impose dans des domaines traditionnellement extrêmement masculins : l’économie et la finance mondiale. Elle ouvre ainsi le champ des possibles pour les futures générations de jeunes femmes.
4. Oksana Lyniv – brio et convictions :
Oksana Lyniv, cheffe d’orchestre ukrainienne est la première femme invitée à diriger au prestigieux festival de Bayreuth en 2021. Un an plus tard, elle devient la première directrice musicale d’un opéra italien en prenant la tête du Teatro Comunale à Bologne.
Elle a dirigé dans de nombreux opéras prestigieux en Europe et Outre-Atlantique – elle fait ses débuts en 2024 au Metropolitan Opera de New York.
Outre son palmarès musical, Oksana Lyniv est une figure importante du rayonnement culturel ukrainien et, depuis 2022, une artiste engagée qui utilise sa notoriété pour porter la cause de son pays. En 2024, elle a notamment mis en jeu sa participation au Festival de Vienne pour exiger le retrait d’un chef gréco-russe dont l’ensemble russe était financé par la VTB, principale banque russe, qui plus est, sous sanctions européenne ; elle a obtenu gain de cause.
5. Iratxe Garcia Perez – militante de premier plan :
Femme politique espagnol, eurodéputée depuis 2004, présidente de la commission des droits de la Femme et de l’Egalité des genres au parlement européen de 2014 à 2017, puis présidente du groupe S&D (l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen) depuis 2019, Iratxe Garcia Perez est l’une des voix les plus constantes pour les droits des femmes dans les institutions européennes. Son groupe, le deuxième en termes d’importance, a notamment pesé sur des textes clés de la progression de la parité européenne : la directive sur la transparence salariale qui vise à résorber les inégalités de salaires entre les hommes et les femmes, ainsi que la première directive européenne de lutte contre les violences faites aux femmes, adoptée en 2024. Elle a également fait parler d’elle lorsqu’en 2017, alors qu’un député polonais justifie les inégalités de salaire entre les hommes et les femmes par le fait que celles-ci seraient “moins intelligentes et plus faibles que les hommes”, elle rétorque ceci : « Je sais que ça vous peine et que ça vous préoccupe qu’aujourd’hui, nous les femmes, nous puissions représenter le peuple dans les mêmes conditions que vous. À cette place, je vais défendre les femmes européennes contre les hommes comme vous ! »
Nous aurions pu en citer beaucoup d’autres comme Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission européenne depuis 2024, chargée de la Transition propre et juste ou encore Sanna Marin, ancienne première ministre finlandaise, dirigeante la plus jeune du monde à 34 ans, à la tête d’une coalition majoritairement féminine, … Mais, il est important de rappeler que le chemin est encore long avant une réelle égalité des genres européenne, et que nous avons besoin, plus que jamais, d’hommes et de femmes pour s’engager dans les pas de ces figures inspirantes.