3 initiatives qui font du bien sur le front de la parité

Le sujet de la parité est plus actuel que jamais dans les organisations avec des échéances importantes qui arrivent à grands pas : la directive européenne sur la transparence salariale, l’échelon de 30% de femmes dans les instances dirigeantes des entreprises de plus de 250 salariés ou générant au moins 50 Millions de Chiffre d’Affaires (Loi Rixain) pour 2027, … En parallèle, des marqueurs inquiétants d’un backlash violent sont de plus en plus médiatisés, créant un climat médiatique qui peut être anxiogène. Et si la période estivale était l'occasion idéale pour faire un pas de côté ? Loin de la pression réglementaire et des débats polarisés, explorons la parité là où elle s'invente au quotidien : dans les milieux associatifs, citoyens ou culturels. Voici trois initiatives qui redonnent de l’espoir sur le front de la parité.

Les sans pagEs - écrire l’Histoire des femmes et les femmes de l’Histoire

Les sans pagEs est une initiative née en 2016 d’un constat peu reluisant : l’encyclopédie en ligne Wikipédia compte, cette année-là, seulement 16,6% de pages biographiques dédiées à des femmes. Pour réduire l’écart de connaissances disponibles sur la plateforme entre les femmes et les hommes, l’association s’allie régulièrement avec des chercheurs et chercheuses spécialistes. Ces derniers produisent des contenus fiables sur la vie et les travaux des femmes artistes, scientifiques, chercheuses, sportives, cuisinières ou encore politiciennes qui ont historiquement été invisibilisées. L’association a notamment été mise à l’honneur lors de l’édition 2026 du mois Femmes et Filles de Sciences de l’ENS lors duquel elle a organisé une journée d’éditathon. Résultat : des dizaines d’articles créés ou modifiés. Une initiative simple mais efficace pour réécrire les femmes dans l’Histoire. Aujourd’hui, grâce notamment aux efforts de l’association, on compte 20% de pages biographiques dédiées à des femmes.

Filles et carrières scientifiques - un enjeu d’ambition collective

Dans un contexte où les entreprises peinent à recruter des profils scientifiques et techniques, la féminisation des filières d’ingénieurs s’impose comme un enjeu stratégique. Pourtant, ce déficit de candidates ne reflète pas un manque de compétences : tout au long de leur scolarité, les filles obtiennent des résultats solides, souvent supérieurs à ceux des garçons, avec des taux de réussite plus élevés aux examens et une présence accrue dans l’enseignement supérieur.

Le décrochage survient au moment de l’orientation. Malgré leurs performances, les jeunes filles restent moins nombreuses à choisir les mathématiques et les filières scientifiques : seules 42 % suivent la spécialité « mathématiques » en terminale et elles ne représentent qu’environ un quart des effectifs dans les formations d’ingénierie et du numérique. Cette sous‑représentation s’explique en grande partie par des biais persistants, stéréotypes de genre, manque de rôles modèles et autocensure, auxquels s’ajoute une influence sociale forte : plus de 40 % des étudiantes déclarent avoir été dissuadées de s’orienter vers ces parcours.

Pour répondre à ces freins, une mobilisation collective s’organise, dès le secondaire. Le plan “Filles et Maths”, lancé en 2025, en est un exemple fort: il vise à agir directement sur les causes des inégalités en formant les enseignants aux biais de genre, en fixant des objectifs de progression pour augmenter le nombre de lycéennes en spécialité mathématiques, et en développant des actions concrètes pour renforcer la confiance des élèves. Cette approche repose sur une idée clé : les différences d’orientation ne sont pas une question de compétences, mais bien de représentations et d’environnement.

Les grandes écoles d’ingénieurs s’inscrivent pleinement dans cette dynamique en déployant leurs propres initiatives. En amont du recrutement, elles multiplient les formats d’immersion dédiés aux jeunes filles : journées portes ouvertes ciblées, ateliers de découverte ou rencontres avec des étudiantes et professionnelles, afin de rendre ces parcours plus concrets et accessibles. L’objectif est clair : permettre aux collégiennes et lycéennes de se projeter dans des environnements où elles restent encore minoritaires.

See it Be it – La publicité s’engage

Le festival de la créativité Cannes Lions, qui récompense les créatifs et créatives du monde de la publicité et de la création de contenu a lancé depuis 2014, le programme See it Be it Son objectif ?  Créer un espace pour les femmes et les personnes non-binaires dans l’industrie créative. Le programme est né du constat qu’encore aujourd’hui, les postes de direction créative sont majoritairement occupés par des hommes. Il invite chaque année une vingtaine de participantes internationales pour quatre jours de conférences, formations et masterclasses qui visent à accélérer leurs carrières et leur permettre de repartir avec des outils pour les aider à s’affirmer dans leur vie professionnelle et de créer un réseau d’entraide et d’inspiration. Depuis sa création, le programme a propulsé 150 femmes de 44 pays, et 63 % de ces Alumnae occupent aujourd’hui au moins un poste de directrice de la création. En juin, Cannes Lions accueillera la cohorte 2026 dans laquelle sera représentée pour la première fois la Serbie et la Corée du Sud.

On observe donc qu’au milieu des discours anxiogènes de polarisation extrême et de retour de bâton, il existe toute une fourmilière d’initiatives citoyennes qui portent le combat pour la parité et relaient ces enjeux dans la société.  Et il faut bien dire que ça donne du baume au cœur.

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